Son léger sourire me fit soupirer. Il était là, il m'observait, moi qui dormait à moitié. Il est vrai qu'à 2h du matin, je ne tenais plus trop sur mes pattes... Il était là, couché sur le ventre, jouant avec une de mes mèches, s'amusant à en faire une boucle anglaise... Et moi qui avait passé 1h à me lisser les cheveux... Mais il était là, c'était le plus important. C'était un ami, et sa présence était toujours chaleureuse à mes cotés. Je ne l'aimais pas, je l'adorais. C'était mon meilleur ami.
Ce soir-là, il posa la tête sur mon ventre et soupira à son tour. Il ferma les yeux, et s'endormit. Je ne sais comment, le lendemain matin, je me retrouvais dans ses bras, ma tête sur son ventre à lui. Besoin urgent d'aller au toilettes, aus sans le réveiller, ce serait difficile. D'ailleurs, j'échouai, et avant qu'il ne comprenne quoi que ce soit, je partis en courant. Lorsque je revins, il s'était rallongé, avec mon mp3 sur les oreilles. Je m'assis à coté de lui, il passa un bras autour de moi et me tira, en grognant un vague " reste, tu tiens chaud...". Je ris et rabattit la couette sur lui, mais je restais assise. Il se réveilla pour de bon quelques heures plus tard. Je lisai. Il semblait déboussolé.
"Qu'est-ce qui se passe? " articula-t-il
" Rien, pourquoi? "
" j'ai mal à la tête... Qu'est-ce qui s'est passé hier soir? "
" Ah ça... Normal que t'aie mal à la tête, t'as sifflé un pack de bière! "
" oula... Qu'est-ce que j'ai fait d'autre? Ou qu'est-ce qu'on a fait d'autre? "
" Eh bien... "
Je me lançai dans un récit, expliquant d'abord son arrivée impossible chez moi, notre sortie à l'anniversaire d'une amie, son secret qu'il m'avoua quand nous sortîmes pour qu'il prenne l'air, son état catastrophique du à une crise de larme, notre rentrée chez moi, et notre longue conversation à propos de la vie, des erreurs qui arrivent et des conséquences qui surviennent. Je lui rappelai qu'il s'endormit plusieurs fois en pleine phrase, et alors que je voulais le laisser dormir, il se réveillait en sursaut et en gémissant. Son cauchemar, c'était son secret. Ce soir-là, je l'ai cajolé plus que d'habitude. Il en avait besoin. Et lorsqu'il finit par fermer les yeux sans voir l'horreur, il m'observa m'endormir. Je ne savais pas la suite, puisque je me suis endormie.
Difficilement, il assimila tout ce que je racontais. Il observait ma chambre, les murs, les photos qui se promenaient un peu partout. Il réalisa soudain qu'il était chez moi et hurla.
" mais qu'est-ce qui t'arrive?! "
" Mais... mais... je me suis installé comme ça, chez toi, sans demander ni rien! "
" Et alors? "
" Ca se fait pas..."
" T'es mon meilleur ami, c'ets normal!"
" ah...?"
" T'en fais pas!"
Il soupira et posa sa tête sur mon épaule. Nous nous levâmes et je préparai un petit déjeuner pendant qu'il prenait une douche. Il sortit rapidement et s'installa. Il avait meilleure mine, et ça me faisait plaisir. Il me sourit, comme hier soir, avant que je ne m'endorme, et je sentis mon coeur chauffer d'un coup. Son sourire était si calme, si apaisant, si naturel, que j'étais toujours de bonne humeur. la matinée se passa sans encombre. Ce ne fut que vers 18h que les problèmes apparurent.
Ses parents vinrent le chercher. Il gémit, me regarda, et me prit dans ses bras. Je lui soufflai de parler avec ses parents, qu'ensemble ils pouvaient peut-être arranger les choses. Il me promit de m'appeler. Il partit, et se retourna sur la banquette arrière. Il me regarda, et ses yeux appelaient déjà à l'aide... Je l'encourageai d'un sourire, et espérait de tout mon coeur que les choses s'arrangerait. J'eus raison d'ailleurs, car lorsqu'il m'appela, il papotait joyeusement. Vers 00h, lorsque je dus me coucher et donc raccrocher, il soupira et dit
" Franchement, je sais pas ce que ej ferais sans toi! Merci pour tout! Fais de beaux rêves! Je t'adore!"
Et je compris que j'avais fait quelque chose de bien...
Il y a des rêves qu'on voudrait réalité. Il y a des rêves dont on ne voudrait que la sensation. Savoir que je peux aider les gens me feraient très plaisir... mais j'ai l'impression de ne servir à rien dans ce bas monde...Compter réellement pour quelqu'un, le ressentir, c'est possible? ='(